
Chaque début d’année, les bonnes résolutions poussent de nombreuses personnes à reprendre une activité physique souvent trop vite et de façon trop intense. Cette reprise non progressive est l’une des principales causes de fatigue, de blessures et d’abandon précoce. Nos conseils pour une reprise en douceur.
Les bénéfices de l’activité physique apparaissent même avec des efforts modérés, à condition qu’ils soient adaptés et réguliers. Le plus important n’est donc pas de faire « beaucoup », mais de choisir une activité en accord avec ses capacités et de progresser pas à pas, pour s’inscrire dans la durée et préserver sa santé.
1. Consultez votre médecin si nécessaire
Avant de reprendre une activité physique, surtout après une longue pause ou en cas de pathologie chronique (problèmes cardiaques, articulaires, respiratoires, diabète…), un avis médical permet de vérifier que la reprise est adaptée et sécurisée.
Si vous n’avez jamais pratiqué d’activité sportive, ou si vous l’avez interrompue depuis longtemps, il est possible de se faire accompagner dans une Maison Sport-Santé (MSS). Ces structures ont pour mission de conseiller et d’orienter les personnes qui souhaitent reprendre une activité physique dans un objectif de santé et de bien-être, en toute sécurité.
Les Maisons Sport-Santé s’adressent aussi bien aux personnes en bonne santé, de tout âge, qui souhaitent reprendre le sport de manière encadrée qu’à celles vivant avec une affection de longue durée, une maladie chronique ou un risque de perte d’autonomie. Elles proposent des programmes adaptés, encadrés par des professionnels qualifiés, parfois sur prescription médicale, afin de garantir une pratique progressive et sécurisée.
>> Avec plus de 500 structures réparties sur l’ensemble du territoire, les Maisons Sport-Santé offrent un cadre rassurant pour reprendre une activité physique adaptée à ses capacités et à ses besoins.
2. Choisissez une activité qui vous correspond
Marche rapide, vélo, natation, danse, yoga, Pilates, renforcement musculaire doux… Les possibilités sont nombreuses et permettent à chacun de trouver une activité adaptée à sa condition physique. Il n’existe pas de sport « idéal » universel : le meilleur choix est avant tout celui qui correspond à vos capacités, à votre état de santé, à votre emploi du temps et à vos préférences. Si vous souffrez de douleurs articulaires, vous pouvez privilégier des activités à faible impact comme la natation ou le vélo, tandis que si vous cherchez davantage de dynamisme, la danse ou la marche rapide peuvent plus vous correspondre. L’essentiel est de pouvoir pratiquer sans douleur excessive et avec un sentiment de confort. Le plaisir est un élément central de la régularité. Une activité choisie par contrainte est rarement maintenue dans le temps. À l’inverse, une pratique qui procure du bien-être, du plaisir ou un moment de détente a beaucoup plus de chances de devenir une habitude durable. Tester plusieurs activités avant de vous décider permet souvent de trouver celle qui vous convient le mieux… et donne envie de continuer.
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3. Démarrez progressivement
Il est essentiel de démarrer l’activité physique de manière progressive. Inutile de viser des objectifs trop ambitieux dès les premières séances, au risque de se décourager ou de se blesser. Des séances courtes, de 20 à 30 minutes, à intensité modérée, sont suffisantes pour commencer. Cette approche permet au corps de s’adapter progressivement aux nouvelles sollicitations, tant sur le plan musculaire que cardiovasculaire. Au fil des semaines, la durée et l’intensité peuvent être augmentées en fonction des sensations et des capacités de chacun, favorisant ainsi une progression durable.
4. Combinez différents types d’exercices

Il est également recommandé de varier les types d’exercices pratiqués. Une activité physique équilibrée associe des exercices d’endurance, comme la marche, le vélo ou la natation, qui améliorent la capacité cardiovasculaire, à du renforcement musculaire, indispensable pour préserver la masse musculaire et soutenir les articulations. Des exercices de souplesse et de mobilité complètent cet ensemble en maintenant l’amplitude des mouvements et en réduisant le risque de blessures. Cette diversité permet d’améliorer la condition physique globale tout en rendant la pratique plus agréable et plus motivante sur le long terme.
La pratique du vélo a une image plutôt sportive. Or, les différents types de vélo (vélo tout terrain, tout chemin, à assistance électrique, d’appartement…) permettent d’adapter le cyclisme à chacun. La Fédération de Cyclisme propose dans ses clubs des programmes de vélo Bien-Etre : « Pédaler Bien-être » s’adresse à toute personne voulant pratiquer le vélo pour être en bonne santé et prévenir l’apparition de maladies et « Pédaler Santé » qui a pour objectif d’améliorer les symptômes d’une maladie chronique. Cette dernière pratique sur prescription médicale donne accès, depuis 2021, à une licence Santé à un tarif inférieur par rapport à la licence Loisirs proposée par la fédération.
5. Toujours s’échauffer et finir par un retour au calme
L’échauffement prépare les muscles et les articulations à l’effort. Le retour au calme permet une récupération progressive et limite les courbatures. Ces deux étapes sont indispensables, même pour une séance courte.
>> Programme d’échauffement avant l’effort
> Échauffement debout avant l’effort
Appuyez-vous sur une chaise ou un mur si besoin.
Rotations lentes de la nuque (droite/gauche, sans forcer), puis cercles d’épaules vers l’avant et vers l’arrière (10 mouvements dans chaque sens).
Cercles de bras : commencer par de petits cercles devant soi, puis agrandir progressivement l’amplitude (10 mouvements dans chaque sens).
Marche sur place à rythme lent, en alternant montées de genoux modérées et appui talons au sol.
Balancements doux d’une jambe vers l’avant puis vers l’arrière, en se tenant à un support si nécessaire (10 répétitions par jambe).
>> Programme d’étirement
> Étirements assis sur chaise
> Étirements debout simples
6. Soyez régulier
Mieux vaut 2 à 3 séances modérées par semaine qu’une séance très intense de temps en temps. En s’entraînant régulièrement, le corps s’adapte progressivement : l’endurance s’améliore, les muscles se renforcent et la récupération devient plus rapide. Cette continuité favorise aussi la motivation, car l’activité physique s’intègre plus facilement dans le quotidien et devient une habitude plutôt qu’une contrainte. La clé est donc de choisir un rythme réaliste, compatible avec son emploi du temps, afin de pouvoir s’y tenir durablement.
7. Renforcez votre musculature
Le renforcement musculaire joue un rôle essentiel pour la santé : il protège les articulations, améliore la posture et rend les gestes du quotidien plus faciles (monter les escaliers, porter des charges, se relever d’une chaise). Contrairement aux idées reçues, il ne nécessite pas forcément de matériel : le poids du corps suffit pour être efficace.
>> Ma routine de renforcement musculaire
À pratiquer 2 à 3 fois par semaine, après un échauffement léger (marche sur place, mobilisation des épaules).
1. Se lever d’une chaise (cuisses et fessiers)
2. Élévation des talons (mollets, équilibre)
3. Extension des jambes en position assise (cuisses)
4. Renforcement des bras (épaules et bras)
5. Gainage doux en position assise (abdominaux)
8. Travaillez votre équilibre
L’équilibre joue un rôle fondamental, en particulier avec l’âge. Il conditionne la stabilité lors de la marche, des changements de direction ou des gestes du quotidien, et constitue un facteur clé de prévention des chutes. Or, avec le temps, l’équilibre peut diminuer en raison de la perte de force musculaire, de la baisse de la mobilité articulaire ou d’une diminution des réflexes.
La bonne nouvelle est que l’équilibre se travaille et s’améliore à tout âge. Des exercices simples, réalisés régulièrement, permettent de renforcer les muscles stabilisateurs et d’améliorer la coordination. Par exemple, se tenir quelques secondes sur un pied, marcher en ligne droite en posant le talon devant la pointe du pied, ou encore effectuer des déplacements lents et contrôlés sollicitent efficacement l’équilibre.
Certaines activités douces comme le yoga ou le tai-chi sont particulièrement bénéfiques. Elles associent mouvements lents, concentration et contrôle de la posture, ce qui améliore la stabilité, la souplesse et la confiance dans ses déplacements. Pratiquées régulièrement, même à faible intensité, ces activités contribuent à réduire le risque de chute et à préserver l’autonomie au quotidien.
>> Un exercice de yoga pour améliorer l’équilibre
> La posture de l’arbre
9. Pratiquez en groupe si possible

Pratiquer une activité physique à plusieurs est souvent plus motivant que de s’entraîner seul. Le fait d’avoir un rendez-vous régulier encourage la constance et limite les abandons, en particulier lorsque la motivation baisse. L’engagement envers un groupe ou un horaire fixe aide à inscrire l’activité dans la durée. Le sport en groupe apporte également une dimension conviviale et sociale. Échanger, partager ses progrès et se soutenir mutuellement rend la pratique plus agréable et moins contraignante. Clubs sportifs, associations locales, cours collectifs adaptés, ateliers de prévention ou simples sorties entre amis offrent de nombreuses possibilités pour bouger ensemble, à son rythme !
10. Écoutez votre corps
Être à l’écoute de ses sensations est essentiel pour pratiquer une activité physique en toute sécurité, en particulier avec l’âge. Une douleur persistante n’est jamais normale et ne doit pas être ignorée. De même, une fatigue excessive, des douleurs inhabituelles ou un essoufflement anormal sont des signaux d’alerte indiquant qu’il est nécessaire de réduire l’intensité ou de faire une pause.
L’objectif de l’activité physique est de progresser progressivement, pas de se faire mal. Respecter ses limites permet d’éviter les blessures, le surmenage et le découragement. Mieux vaut adapter l’effort, ralentir ou espacer les séances si besoin, plutôt que de forcer. En cas de doute ou de symptômes persistants, il est conseillé de demander l’avis d’un professionnel de santé.
Les adultes devraient faire 150 min à 300 minutes par semaine d’activité physique de type endurance d’intensité modérée (marche, natation, vélo…) ou 75 à 150 min d’intensité élevée comme la course à pied ou des sports collectifs (de préférence en 5 fois par semaine) et 2 fois par semaine de renforcement musculaire.